Le Conseil national égyptien pour l’intelligence artificielle a publié son cadre national de gouvernance de l’IA et ses lignes directrices nationales sur l’IA générative, créant une approche structurée pour réglementer l’intelligence artificielle dans les secteurs public et privé. Cette décision positionne l’Égypte comme un leader régional en matière de développement responsable de l’IA, visant à combler le fossé entre le monde arabe, l’Afrique et l’économie numérique mondiale.

Un système de risque à plusieurs niveaux pour la réglementation de l’IA

Le cadre utilise un système de classification des risques à quatre niveaux conçu pour équilibrer l’innovation en matière d’IA avec les garanties réglementaires :

  • Niveau 1 (rouge) : Interdit les systèmes qui présentent des risques inacceptables pour la souveraineté nationale ou les droits humains fondamentaux.
  • Niveau 2 (Orange) : Inclut les applications à haut risque telles que les infrastructures critiques et les systèmes biométriques, nécessitant une double vérification obligatoire.
  • Niveau 3 (jaune) : Couvre les systèmes à risque limité tels que les chatbots et les deepfakes, exigeant la transparence et un étiquetage clair.
  • Niveau 4 (Vert) : S’applique aux outils logiciels standard à risque minimal, encourageant l’adhésion volontaire à un code de conduite.

Ce système ne consiste pas seulement à identifier les risques ; il s’agit de le gérer tout au long du cycle de vie de l’IA. La philosophie « L’État en tant qu’orchestrateur » du cadre signifie que le gouvernement soutient activement l’adoption de l’IA par le biais des infrastructures et du renforcement des capacités, tout en appliquant des réglementations strictes pour les applications à haut risque.

Des lignes directrices à la loi : la stratégie à long terme de l’Égypte

Ces lignes directrices ne sont pas de simples recommandations ; il s’agit d’une étape délibérée vers l’élaboration d’une future loi égyptienne sur l’IA. Le cadre s’appuie sur les normes internationales d’organisations telles que l’UNESCO, l’OCDE et le processus d’Hiroshima du G7, adaptant les meilleures pratiques au contexte économique et institutionnel spécifique de l’Égypte. Cette approche garantit que la législation sera fondée sur les réalités pratiques du marché plutôt que sur des cadres juridiques théoriques.

Le modèle de conformité du cadre utilise une approche à double contrôle : un contrôle ex ante avant le déploiement et une surveillance ex post après le déploiement. Cette gouvernance du cycle de vie garantit une responsabilité continue, et pas seulement une évaluation ponctuelle. Les risques liés à l’IA générative, notamment la désinformation, les deepfakes et les préjugés, sont spécifiquement abordés avec des orientations ciblées pour les secteurs à fort impact comme l’éducation et l’information publique.

Influence régionale et préparation croissante à l’IA

Le cadre de gouvernance égyptien de l’IA a un poids régional important en raison du statut du pays comme l’une des plus grandes économies d’Afrique et la nation la plus peuplée du monde arabe. Dans l’Oxford Insights Government AI Readiness Index 2025, l’Égypte s’est classée première en Afrique et 51e au niveau mondial, soit une hausse de 60 positions depuis 2019. L’Égypte a même devancé l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis en termes de capacité politique, démontrant des efforts soutenus dans l’élaboration de politiques en matière d’IA.

Le succès du cadre dépendra de sa mise en œuvre efficace grâce à une gouvernance collaborative entre plusieurs organismes : le Conseil national pour l’intelligence artificielle, le ministère des Communications et des Technologies de l’information, le Centre de compétences en génie logiciel et les régulateurs sectoriels.

La publication de ce cadre marque une étape stratégique visant à façonner la gouvernance de l’IA, non seulement en Égypte, mais également dans l’ensemble de la région. L’objectif à long terme est clair : faire de l’Égypte une plaque tournante du développement responsable de l’IA et un acteur clé de l’économie numérique mondiale.